lundi 26 décembre 2011

Le temps d'une nuit

Ça fait bien longtemps que je n'ai pas posté sur ce blog (trop occupée à gérer  madeindelattre ...)
J'envoie donc aujourd'hui, un petit texte qui m'est venu ce soir :


Le temps d'une nuit :

La lune forme juste un croissant, le plus fin des croissants que sa lumière puisse nous offrir. C'est en passant au travers de quelques arbres avant de rentrer en ville que je me décide à lever la tête. Je peux apercevoir quelques étoiles d'une timide lueur. A marcher ainsi je ne sais pas où mes pieds peuvent me conduire ; la tête en l'air l'esprit aussi perché que les étoiles...

Une fois rentrée en ville, ce sont toutes les lumières électriques de la ville qui viennent me frapper pour m'accueillir, avec leurs voitures aux feux rouges vifs, aux phares jaunes ou blancs selon les modèles.
Arrivée au carrefour, c'est le feu de croisement qui me parait aussi droit qu'hautain à mes côtés, m'éblouissant de ses éclairages rouges saignants ou parfois vert. Il était temps que je sorte de la ville à nouveau, pour admirer sa splendeur illuminée de loin, et retrouver mes arbres sur le côté du pavé.


Plus je m'éloigne de la ville, plus je m'enfonce dans l'obscurité, plus les bruits de moteur sont remplacés par quelque hibou qui viendrait chanter à la lueur de la lune. Tout semble silencieux, tout semble paisible, frais voire froid et mystérieux. Mystérieux comme la couleur sombre de l'herbe et la manière dont elle danse sous le ciel étoilé, telle des vaguelettes d'eau tentant de se profiler au-delà du sable doré.
Les étoiles sont de nouveau visibles, loin des éclairages au sol et de la pollution des quatre roues. De loin, ces lumières sont à la fois rassurantes et inquiétantes. Je continue de balancer mes pieds là où mon cœur veut m'emmener. A marcher ainsi, je sens le froid qui vient se nicher dans les jambes de mon pantalon. La bise est froide mais mon cœur est chaud quant au petit quartier de vieilles maisons qui commencent à se profiler.

Un peu plus près encore, des chiens qui errent autour des poubelles, d'autres qui rentrent au pied de leur porte. Les chats, avec leur pelage sombre et brillant, sont dissimulés parmi l'horizon bien noircie par la nuit. Encore quelques pas et les lueurs jaunâtres des vieux lampadaires viendront caresser mon visage. Encore quelques pas et la chaleur des cheminées viendra réchauffer mes jambes. Encore quelques pas et la douceur des sentiments d'une famille unie viendra m'accueillir.

Une petite promenade, le temps d'une nuit, pour me remémorer les trésors oubliés que j'ai à mes côtés.